Thursday, January 13, 2011


Combien de morts faut-il pour atteindre le seuil du silence ?
Rédigé le 13 janvier 2011, par: CNAPD
Voilà plus d’une semaine maintenant que l’on entend chez nous les clameurs de la rue venues d’Afrique du Nord ; les appels des jeunes maghrébins à un présent décent et un avenir envisageable, une aspiration à laquelle ce jeune qui s’est immolé ne croyait plus, rejoint par ces plus de 40 morts qui ne pourront désormais plus y croire.
Voilà plus d’une semaine aussi que se font entendre les bruits des canons ; seule réponse des autorités face à des citoyens condamnés au silence.
En réponse à ces bruits de colère et de violence, les États européens hésitent entre le silence et le verbiage gêné d’appel à la « retenue » et de « regret » face aux violences. Deux registres d’un même comportement : la complaisance ; ou en tout cas d’un comportement reflétant une indifférence insoutenable.
Ainsi, sur le site du Ministère belge des Affaires étrangères, on se contente de rappeler que les régions touristiques ne sont pas touchées…
Les événements tragiques qui se passent en ce moment en Afrique du Nord (Tunisie, Algérie et précédemment au Sahara Occidental) et leur non-condamnation par nos responsables, nous rappellent - si besoin en était - que les leçons allègrement données par les dirigeants européens sur la démocratie et les droits de l’Homme ne témoignent pas d’un attachement sans borne à ces fondements de notre société, mais d’une rhétorique éthérée à destination uniquement d’hommes d’État avec lesquels nous ne sommes pas en commerce.
Nous voulons pourtant continuer à croire à la sincérité des discours occidentaux sur les appels à la liberté, au respect de la vie et à l’égalité de tous les individus. Pour cela, il nous faut enfin entendre un message de condamnation clair et sans détour de cette répression sanglante. Il nous faut entendre instamment un appel décidé et volontaire au respect des libertés fondamentales. Il nous faut entendre aussi un soutien aux demandes légitimes formulées par la population.
Par respect pour les morts, par respect pour toutes les populations opprimées, par respect pour les valeurs que nous sommes censés défendre.
Notre silence n’a que trop duré depuis des décennies.

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