Monday, November 15, 2010


NEW YORK (Nations unies) (AFP)
Le Polisario demande une enquête de l'ONU sur les violences au Sahara

Le représentant du Polisario à l'ONU Ahmed Bujari a annoncé lundi avoir remis une lettre au Conseil de sécurité demandant une enquête des Nations unies sur les violences au Sahara occidental, menaçant de ne pas poursuivre les négociations avec le Maroc.
"J'ai remis une lettre dans ce sens au président du Conseil de sécurité" de l'ONU. "Il faut connaître toute la vérité sur ce qui s'est passé", a déclaré M. Bujari à l'AFP.
"Nous craignons de ne jamais savoir ce qui s'est vraiment passé. Le seul moyen est une mission pour établir les faits", a-t-il ajouté. "Sinon, nous ne pourrons pas continuer à négocier comme si rien ne s'était passé. Nous avons droit à la vérité, toute la vérité".
"Le sang d'innocents versé ces derniers jours est une conséquence funeste de l'incapacité du Conseil de protéger la population sahraouie de manière à promouvoir une solution au diférend sur le Sahara Occidental qui apporte l'autodétermination pour le peuple sahraoui", souligne cette lettre.

"Le Conseil doit envoyer une mission pour établir les faits au Sahara occidental occupé par le Maroc sous votre direction de président du Conseil" de sécurité, poursuit la lettre. "Le Conseil doit prendre ses responsabilités en condamnant les attaques du Maroc dans les termes les plus fermes".
Le Conseil de sécurité doit discuter de la situation au Sahara occidental et du processus de paix mardi.
Le 8 novembre, les forces marocaines ont démantelé par la force un camp de toile, au sud de Lâayoune, chef-lieu du territoire, où jusqu'à 15.000 Sahraouis s'étaient installés depuis la mi-octobre pour protester contre leurs conditions de vie.
Le bilan officiel marocain a fait état de douze morts, dont dix parmi les forces de l'ordre, et de 163 arrestations.
Mais le Front Polisario, qui milite pour l'indépendance de ce territoire, accuse Rabat d'avoir fait des "dizaines" de morts et plus de 4.500 blessés au cours des violences qui ont suivi le démantèlement du camp, à Lâayoune et à Smara, autre ville importante du territoire.
Le 8 et 9 novembre, la Maroc et le Polisario avaient tenu une troisième série de discussions informelles dans la banlieue de Nes York sous l'égide de l'ONU sur l'avenir du Sahara occidental. Ces négociations n'avaient donné aucune avancée probante.
Le chef de la délégation du Polisario, Khatri Addouh, président du Parlement du Polisario, avait alors déjà demandé une enquête de l'ONU sur les événements de Lâayoune.
A l'issue de ces négociations, les deux parties avaient cependant convenu de se revoir en décembre et une nouvelle fois au début de l'année prochaine.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été annexé en 1975 par le Maroc. Le Polisario, soutenu notamment par l'Algérie, réclame un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU, qui donnerait aux Sahraouis le choix entre trois options: indépendance ou autonomie sous souveraineté marocaine ou rattachement au Maroc.
Le Maroc soutient l'option d'une autonomie sous sa souveraineté, refusant toute idée d'indépendance

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