Saturday, November 13, 2010

Yahia Zoubir, spécialiste de la question sahraouie, à “Liberté”
“Les colonisateurs se trompent encore sur ceux qu’ils tentent d’assujettir”
Par : Hafida Ameyar

Le Professeur Yahia Zoubir, spécialiste en relations internationales et du dossier du Sahara occidental, s’exprime sur la dernière agression menée par les forces d’occupation marocaines contre les civils sahraouis au camp de Gdeim Izik.

Question/Liberté : Quel est votre commentaire sur les massacres commis au camp de Gdeim Izik et sur leurs conséquences dans les territoires sahraouis occupés ?
Pr Yahia Zoubir : Franchement, cette attaque est surprenante car elle produit l’effet contraire de ce que voulait faire le pouvoir marocain. Cette agression a mis à nu la férocité des forces de sécurité marocaines, qui ont fait appel à des civils pour attaquer les Sahraouis et détruire leurs biens. Elle a aussi montré au monde les conditions d’occupation des Sahraouis et le refus de ces derniers de vivre sous le joug colonial. Si l’objectif était de dérailler la rencontre de Manhasset, programmée le même jour, cela a été un échec puisque les membres du Polisario, le Front représentant le peuple sahraoui, ne sont pas tombés dans le piège. Cette rencontre, comme il fallait s’y attendre, n’a rien produit de tangible, mais elle a tout de même eu lieu. À mon avis, l’attaque a eu deux conséquences majeures. 1. Elle a montré que la soi-disant offre marocaine d’autonomie n’est qu’une coquille vide que les Sahraouis n’accepteront pas, d’autant plus que la ligne séparant les communautés civiles marocaine et sahraouie est à présent très claire. 2. Elle va radicaliser la population sahraouie dans les territoires occupés, surtout les jeunes : cette population est non seulement marginalisée et exploitée, mais elle est aussi victime d’une répression féroce. L’objectif marocain de “gagner les cœurs et les esprits des Sahraouis” est réduit à néant. La réconciliation entre les deux communautés est non seulement consommée, mais elle va aussi marginaliser les Sahraouis attirés par la notion d’autonomie.
Q: L’Espagne a demandé à Rabat des “éclaircissements” sur ces violences. Cela aura-t-il un impact sur le processus de décolonisation ?
S’il est vrai que l’attaque marocaine a fait réagir de nombreux Espagnols, dont le Parti socialiste et la société civile, le gouvernement espagnol sous Zapatero continuera de favoriser les bonnes relations avec le Maroc. Il n’y a pas grand-chose à espérer de ce côté-là, si ce n’est de mettre le Conseil de sécurité de l’ONU devant ses responsabilités. Mais, comme dans le cas de Gaza, on mettra dos à dos l’agresseur et la victime, en demandant aux deux parties de continuer le processus de négociations sous l’égide de l’ONU. Le réalisme politique reste prépondérant. Le conflit du Sahara occidental, en l’absence d’un conflit armé, ne sera pas une priorité.
Q: Que pensez-vous de la réaction des officiels français et des autres membres du groupe des “Amis du Sahara occidental” ? .......
lire la repense et la suite sur le lien: http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=145889

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